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par Elise Gaury, Vincent Battesti

 Cultiver le désert : Analyse agronomique et sociale des systèmes de culture de l’oasis d’al-‘Ulā en Arabie saoudite
Ouvrage ou rapport CNRS du projet al-‘Ulā AS (al-‘Ulā AS Project : Anthropological survey of al-‘Ulā community and its oasis system,
En cours d’écriture : parution pour début 2025,
 Rédigé par Elise Gaury & Vincent Battesti,
Un volume d’environ 150 pages.
 Cet ouvrage ou rapport sera édité en deux langues, française et anglaise.

 Résumé :

Cet ouvrage ou rapport richement illustré donne à lire une synthèse scientifique de la situation actuelle de l’agriculture oasienne et de l’élevage dans la région d’al-‘Ulā en Arabie saoudite.

Issu du projet al-‘Ulā Anthropological Survey (al-’Ulā AS), ce rapport dresse un état des lieux de l’agriculture dans l’oasis d’al-‘Ulā en Arabie saoudite, en abordant ses multiples dimensions agricoles, y compris donc agronomiques, sociales et économiques. Ces différentes dimensions interagissent étroitement pour façonner les pratiques, les systèmes de production, ainsi que leur impact sur les sociétés et les territoires.

Le rapport s’appuie sur les données collectées par projet de recherche CNRS al-‘Ulā Anthropological Survey (2019-2024) et en particulier sur les données agronomiques récoltées par Elise Gaury (ingénieure CNRS) auprès d’un échantillon raisonné d’exploitations, ainsi que sur les enquêtes ethnographiques au long cours du projet menées dans l’ensemble de la société d’al-‘Ulā.

L’Arabie saoudite a connu plusieurs grandes vagues de changements. L’exploitation pétrolière et la redistribution d’une partie de cette rente au tournant des années 1980 ont été au cœur d’une vague qui a profondément modifié les modes de vies des Saoudiens, leur rapport à la terre et au travail. Ces évolutions ont bouleversé l’agriculture oasienne de la région oasienne d’al-‘Ulā., où les bénéfices liés aux activités agropastorales, autrefois seule source de subsistance, semblent aujourd’hui devenir secondaires dans les revenus familiaux, sans être, loin de là, négligeables.

Ce travail de terrain met en lumière la coexistence de plusieurs systèmes de production agricole oasienne à al-‘Ulā. Leur analyse permet de comprendre dans quelles mesures l’agriculture oasienne contribue aujourd’hui à la reproduction économique des groupes domestiques et de la société oasienne dans son ensemble. En s’appuyant sur une méthodologie systémique élaborée tout au long de la recherche, cette étude analyse la combinaison des systèmes de culture à l’échelle de l’unité de production. Elle met ainsi en évidence six systèmes de production répartis en trois catégories : les unités agricoles à faible diversification, celles à haute diversification, et finalement celles de type capitalistique.

Des études de cas, dans ce rapport, illustreront la rentabilité de chaque système, en distinguant les systèmes à fonction sociale, dont les marges brutes financières participent à la reproduction du groupe domestique sans pour autant lui suffire, des systèmes à fonction socio-économique, dont les bénéfices suffisent à la reproduction du groupe domestique.

Enfin, ce rapport s’appuie sur un inventaire aussi exhaustif que raisonné et raisonnable du vivant cultivé et élevé par les habitants de la région d’al-‘Ulā, en tenant compte des espèces et variétés ou races anciennes et de celles récemment introduites. Cet inventaire reflète les choix passés et présents des populations oasiennes et pastorales, exprimant la manière dont elles construisent leur coexistence avec le non-humain dans la sphère domestique.

Portfolio

De multiples rejets de bananier issus d’une tige souterraine placée dans une planche de culture (avec un manguier) qui connaît des irrigations fréquentes, dans la vieille palmeraie d’al-‘Ulā, partie sud, le 8 avril 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Floraison d’un manguier, dans une exploitation nouvelle d’al-‘Uḏayb, à al-‘Ulā, le 10 mars 2023. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Dans la main de l’employé égyptien, des fleurs de carthame des teinturiers, dont on récolte les pistils, cultivé dans la vieille palmeraie (côté Šqīq) d’al-‘Ulā, le 10 mai 2022. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Culture de poivron vert sous serre dans une grosse exploitation de la palmeraie d’al-Ḥijr, al-‘Ulā, le 8 mai 2022. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Grenades mûres dans la palmeraie moderne d’al-Saḥliyyah, à al-‘Ulā, le 6 oct. 2021. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Élevage pastoral du dromadaire dans la plaine au nord de Madā’in Ṣāliḥ, au nord d’al-‘Ulā, le 21 sept. 2021. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Pieds de courge éponge en croissance sur la clôture d’un jardin de la vieille palmeraie d’al-‘Ulā, le 30 août 2021. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Épi d’un maïs à grains blancs, dans une ferme d’al-Ḥijr d’un sédentaire Ḥilf, à al-‘Ulā, le 20 avril 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Poules de la race exotique al-fayyūmī dans un poulailler d’une ferme d’un Bédouin ‘anazī à al-‘Uḏayb, al-‘Ulā, le 6 sept. 2021. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Un mûrier blanc, dans un jardin de la vieille palmeraie (côté Ḥilf) d’al-‘Ulā, le 8 avril 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
La version légèrement modernisée de la ruche cylindrique, dans une ferme d’un Sédentaire de la palmeraie de Mu‘tadil, à al-‘Ulā, le 8 avril 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Sauge cultivée dans la cour d’une fīllā (villa) d’un Sédentaire dans un quartier nouveau d’al-‘Ulā, le 19 mars 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Rosier cultivé en bordure de planche, pour l’agrément, dans un jardin de la vieille palmeraie d’al-‘Ulā, le 12 mars 2020. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Les épis brûlés de blé dur (ici de la variété qāsiyyah) sont conditionnés avant concassage dans des sacs de riz remployés, dans une exploitation de la vieille palmeraie (côté Ḥilf) d’al-‘Ulā, le 14 avril 2019. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Plante maraîchère très appréciée, des concombres ici cultivés sous serre par un Sédentaire dans la palmeraie nouvelle d’al-Ḥijr, le 11 avril 2019. Vincent Battesti © Vincent Battesti
Les ânes, même domestiques, sont une espèce rustique et adaptée aux environnements désertiques et qui survit très bien à la féralité ; ici en groupe sous un acacia, dans les plaines arides du nord à l’ouest de la ḥarrat ‘Uwayriḍ, le 8 avril 2019. Vincent Battesti © Vincent Battesti