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Conf. (en français et anglais). « Déserter la confusion : pourquoi et comment définir les oasis ? | Deserting Confusion : Why and How to Define Oases ? »
donnée dans le cadre du colloque « Quelles oasis anciennes dans la péninsule Arabique ? Approches méthodologiques plurielles »,
Campus CNRS de Thiais (France)
le 26 sept. 2024 – 9h30 à 17h30
Le colloque se déroulait dans le cadre du Séminaire « Anthropisation, gestion des milieux et dynamiques paysagères » (LGP, UMR 8591 UPEC-Paris 1-CNRS)
Organisé par Vladimir Dabrowski et Aline Garnier,
Avec le soutien financier du Laboratoire de Géographie Physique (LGP, UMR8591), du LabEx DynamiTe et du projet al-‘Ulā Anthropological Survey
– Résumé :
La notion d’« oasis » est loin d’être univoque. Dans les représentations ordinaires européennes, elle évoque souvent une étendue d’eau bordée de palmiers ; dans certaines approches naturalistes, elle peut désigner plus largement un « îlot de fertilité » en milieu aride ; en archéologie, enfin, la présence de cultures ou de restes de palmier dattier peut parfois conduire à parler d’oasis. Ces usages ne recouvrent pourtant pas nécessairement le même objet. La conférence proposait donc de revenir sur les conditions d’une définition scientifique de l’oasis, notamment pour faciliter le dialogue interdisciplinaire.
À partir de terrains conduits au Sahara et en Arabie, j’ai défendu une définition étique, fonctionnelle et volontairement souple de l’oasis : « une oasis est l’association d’une agglomération humaine et d’une zone cultivée et irriguée — souvent une palmeraie — en milieu aride ». Cette définition insiste sur le caractère fondamentalement anthropique de l’oasis : elle suppose du travail, des savoirs et savoir-faire, une organisation sociale de l’accès à l’eau et au foncier, ainsi qu’une insertion dans des réseaux d’échanges. L’oasis n’est donc ni une simple formation végétale ni un îlot naturel de fertilité, mais un agroécosystème construit et entretenu par les sociétés.
L’objectif n’était pas de figer la diversité des oasis dans une typologie trop stricte, mais de disposer d’un outil comparatif explicite permettant ensuite d’en étudier les variantes dans l’espace et dans le temps. La conférence se concluait ainsi par plusieurs questions adressées à l’archéologie : le modèle oasien est-il universel ? Peut-il exister sans palmiers ou sans propriété privée ? Comment les oasis apparaissent-elles, comment y sont organisés le travail et les techniques, et selon quels processus peuvent-elles disparaître ? Ces questions invitent à utiliser la définition de l’oasis comme un instrument méthodologique plutôt que comme une catégorie allant de soi.
